Cultiver son petit jardin à soi, c’est une activité saine pour le corps et l’esprit.
Pourtant trop souvent, les jardiniers amateurs veulent trop bien faire et ont la main lourde avec les produits de synthèse (désherbants, fongicides, insecticides). L’utilisation de ces produits peut déminéraliser et même générer des pollutions rendant le sol impropre à la culture.
Pour cette raison, la ville de Lausanne offre à tous les détenteurs d’une petite parcelle d’un plantage un cours pour apprendre à jardiner sainement, en toute tranquillité.
Jardiner avec des produits naturels, issus de la nature et fabriqués maison, outre à garantir des produits sans pesticides a en plus l’avantage d’être moins cher et demande moins d’interventions, car on ne lutte plus contre les forces de la nature mais on s’allie à elles.
Le jardinage biologique repose sur les principes suivants:
- Utiliser des engrais naturels
- Favoriser l’autoapprovisionnement, recycler et donc supprimer les apports externes par intrants
- Tendre le plus possible à l’indépendance en produisant ses graines, en fabriquant ses produits de traitement
- Respecter les cycles de la nature
Un sol vivant
Le sol, avec la quantité impressionnante d’organismes vivants qu’il contient est une véritable usine à transformation de la matière organique. Un mètre carré de sol contient des milliards de bactéries et autres micro organismes, champignons, protozoaires, algues.Tout ce petit monde vit en interdépendance avec les végétaux au niveau des racines de ceux-ci. La vie microbienne a une action directe sur la qualité du sol, son aération, sa structure.
– Couvrir son sol
La première précaution à prendre est de maintenir le sol couvert pour le protéger du lessivage des intempéries et de l’action desséchante du soleil. Les techniques utilisées, qui vont contre nos habitudes de jardinage, sont le semis d’engrais vert, le paillage naturel ou plastique, et l’épandage de brf (bois raméal fragmenté). Ces trois modes de couvertures ont chacun leurs avantages et compléteront l’apport nutritionnel du sol en se décomposant en surface (à part le plastique!)
Parmi les engrais verts à semer on trouve la roquette, la moutarde, le soucis, des fabacées comme la luzerne et le lupin, les épinards, l’oseille. Le seigle qui germe déjà sur sol froid peut être semé en tout début d’année et ses racines profondes vont favoriser l’aération du sol.
– Le non labour
La seconde action ou plutôt non-action dans le cas précis est de renoncer au labour. Fruit d’un travail de la terre mécanique et motorisé, le labour détruit les organismes aérobies en les enfouissant dans les couches profondes du sol où il n’y a pas d’oxygène et ramène en surface les couches argileuses inertes qui vont croûter en surface rendant le travail ultérieur du sol très dur.
Par conséquent l’intervention du jardinier se limite à aérer le sol sans retourner la terre à l’aide d’outil comme la grelinette ou la triendine (à quatre dents et non à trois comme le laisse supposer son nom !). On peut également utiliser le binage pour aérer le sol, de préférence en soirée lorsque la terre est dans sa phase d’expiration (elle « inspire » le matin). En outre, le travail du sol est à réaliser lorsque la terre est souple et pas trop mouillée.
– Apport d’engrais naturel
L’apport doit se faire exclusivement à partir de compost naturel. Le mieux est de faire son propre compost à partir des déchets végétaux du jardin. On peut aussi laisser sur place se décomposer les feuilles ôtées aux salades ou autres partie des plantes. L’engrais vert est quant à lui incorporé progressivement par enfouissage léger à la surface. Relativement peu de matière organique décomposée est nécessaire pour nourrir le sol, une quantité de 2 à 3 litres de compost par mètre carré et par an est amplement suffisant. Attention, il faut absolument utiliser du compost mature bien décomposé. Les besoins de la matière organique insuffisamment décomposée entrent en concurrence avec les besoins nutritifs des plantes en croissance.
Plantes compagnes
Certaines plantes ont des affinités et croissent plus facilement quand elles sont placées les unes à côtés des autres. Cet art d’associer les plantes compatibles s’appelle le compagnonnage. Un savoir connu des anciens qui est malheureusement tombé en désuétude en occident. Il est encore bien vivant chez les populations qui ont conservé des méthodes de jardinage traditionnelles, peu influencées par les apports techniques et mécaniques de l’agriculture. Par exemple on trouve dans tous les jardins amérindiens l’association dite « des 3 soeurs » à savoir la courge, le haricot et le maïs.
Les affinités de certaines plantes au jardin se retrouvent dans l’assiette. La sarriette, plante aromatique de la famille du thym, est parfaite pour rehausser la saveur des haricots et protège ceux-ci de l’attaque des mouches au potager. L’aneth aime les carottes, la bourrache dont les feuilles sont délicieuses et nutritives protège les épinards.
– Rotation des cultures
Une autre technique importante pour favoriser la croissance des plantes est la pratique de la rotation des cultures. Au fil des années les plantes appauvrissent leur sols en des éléments spécifiques à leur croissance. On peut donc limiter l’appauvrissement du sol en plaçant des plantes dont les apports nutritifs sont complémentaires.
Similairement, il faut faire attention de ne pas cultiver certaines plantes à la suite d’autres. Pour pratiquer la rotation des cultures dans son potager on divisera les plantes soit par familles botaniques (brassicacées, cucurbitacées, alliacées), soit par familles de légumes (légumes fruits, légumes racines, légumes fleurs), soit par gourmandise vis à vis du sol (légumes nécessitant un sol riche, légumes se contentant de peu).
– Les bonnes recettes
La dernière part du jardinage bio consiste à réapprendre et à mettre en pratique les recettes d’antan pour fabriquer soi-même décoctions de plantes, bouillie et purin d’ortie. Des produits facile d’accès peuvent aussi être utiliser à moindre coût, comme le savon noir contre en vaporisation contre les pucerons, la poudre de roche volcanique et cendre de bois pour ceux qui ont la chance d’avoir une cheminée.
– Sage arrosage
Pour terminer, un aspect important du jardinage bio consiste à arroser avec modération. Ici aussi les jardiniers amateurs croient souvent à tort que plus signifie mieux. A bannir absolument, les aspergeurs rotatifs grands gaspilleurs d’eau. Pour certaines cultures, l’arrosage doit être effectué au pied de la plante pour éviter que les feuilles trop longtemps humides deviennent terrain propice aux maladies.
Pour aller plus loin
– Où trouver des graines bio ?
En Suisse des producteurs de graines locales et bio Zollinger, Biosem et Sativa proposent des catalogues et la vente par correspondance. Se renseigner aussi auprès de Pro Specie Rara pour les variétés anciennes remises au goût du jour.
– Jardiner avec la Lune
Chaque année le Calendrier lunaire, ouvrage de référence est édité et distribué par une association de passionnés du jardinage bio http://www.calendrier-lunaire.fr
– Association romande de biodynamie http://www.arbdyn.ch/