Mobilité et trafic routier dans le canton de Vaud (en quelques chiffres)

La mobilité, rendue possible par l’accès à l’énergie bon marché et profuse qu’est le pétrole, est devenue quasiment un droit social inaliénable. Pourtant la multiplicité des déplacements devient insoutenable, tant du point de vue écologique que technique.

Ce texte vise à établir un début de constat du développement de la mobilité à travers les données et statistiques disponibles au niveau de la Suisse et du canton de Vaud, avec également les références indissociables au niveau mondial.
Dès l’après-guerre, l’essor du trafic individuel motorisé connaît un développement fulgurant, permettant à de plus en plus de personnes de se déplacer rapidement et à moindre frais et donnant naissance à une véritable « culture de l’automobilité » et du « tout à la voiture » restreignant l’usage des transports alternatifs. Se déplacer à l’aide de l’automobile partout et pour pas cher est devenu pour la plupart des gens un droit citoyen naturel.

Nature des déplacements
Les deux phénomènes de la dispersion de l’urbanisation et de l’augmentation du parc automobile ont évolué de manière parallèle, en se renforçant mutuellement. Le taux de motorisation des Vaudois, a atteint en 2008 le niveau de 523 véhicules pour 1000 habitants (source OFS), l’un des plus élevé de Suisse.
Le déplacement des personnes se fait aux 2/3 à l’aide de l’automobile et a doublé en vingt ans sur les routes suisses (OFROU). L’augmentation de la mobilité dans le canton de Vaud augmente de 2,1% chaque année dépassant le taux d’accroissement de la population 1,5% entre 2000 et 2005.
L’agglomération Lausanne-Morges détient en Suisse la première place de celles où l’on se déplace le plus en voiture (comme conducteur ou passager) représentant 45% de part modale et 74% de distances parcourues. Dans le canton de Vaud, environ 40 km sont parcourus par jour en moyenne par personne, dont la moitié à but de loisir, alors que les déplacements à motif de travail représentent moins de 10 km (CH: 8,7).
Plus de 60% des déplacements domicile-travail font moins de 5 km dans les communes centrales des agglomérations. Une part importante de ces déplacements pourraient être effectués à vélo, mais aussi en combinant la marche ou le vélo avec les transports publics.
Les effets sur la santé, tels l’augmentation des cas d’obésité et les maladies cardiovasculaires sont directement imputable à l’usage intensif de la voiture, qui restreint la pratique de la marche pour les déplacements quotidiens.

En ce qui concerne le transport des marchandises, en 2010 25 mia de km ont été parcourus et 65% des marchandises sont transportées par la route.

Territoire – fragmentation ecopaysagère
L’étalement urbain a également impliqué une plus forte utilisation du réseau routier. Entre 1985 et 2005, les axes routiers les plus chargés ont vu leur trafic augmenter de 90%, alors que la population cantonale n’augmentait que de 20% (source SCRIS).
Les atteintes au territoire par la construction de nouvelles routes sont non-négligeables. Elles aboutissent à la destruction des environnements naturel et social. Sur le Plateau suisse, les zones non morcelées ont rétréci de 50% entre 1980 et 2002. La largeur effective de maille – surface libre entre deux obstacles – a rétréci de 18 kilomètres carrés en 1960 à 8 kilomètres carrés en 2007.
Dans les villes, l’automobile occupe une part écrasante de l’espace (60% ? 70% à Genève ? vérifier chiffres).

Or la construction de nouvelles routes ne fait qu’empirer le problème de la saturation du réseau. La vitesse d’engorgement d’un réseau évolue avec le carré de la vitesse de construction de nouvelles routes. (Illich)

Développement prévu du réseau routier et ressources allouées?

Usage des carburants fossiles
Au niveau mondial, 96% des transports dépendent du pétrole (moteurs à explosion, turboréacteurs).
Les transports terrestres engloutissent 41% de la production mondiale de pétrole, si l’on y ajoute le transport aérien 6% et maritime 5% c’est la moitié de la consommation de pétrole. Viennent ensuite les parts correspondant à l’industrie et à la branche énergie qui comprend la production d’électricité et le raffinage des produits pétroliers. (Source: observatoire de l’énergie, 1999).
Par rapport aux autres secteurs (usage tertiaire et résidentiel, agriculture, chimie) la consommation de pétrole due aux transports a littéralement explosé depuis les années 70.

Perspectives
Développement du trafic automobile dans l’agglomération Lausanne-Morges :
Sans mesures PALM : +40%
Avec mesures PALM : +22%
Développement de l’usage des transports publics
Sans mesures PALM : +17%
Avec mesures PALM : +44%

Augmentation de la consommation mondiale de pétrole des pays émergents
Chine : +6%
Inde : +9%

Questions ouvertes
Bon usage et mésusage
Investissement alloués au développement des transports routiers / rail.

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